De bas en haut et de haut en bas

Fleurs du haut et fleurs du bas

« Le point de départ est une résidence de trois mois à la Ferme-Asile de Sion. Le résultat est l’investissement de la grange, un vaste espace d’exposition de 800m2. Le duo d’artistes installé à Genève a profité de l’invitation estivale pour sillonner le Valais en voiture, en train, en car postal, à vélo et à pied, pour observer, filmer, dessiner et collecter des objets. Ces emprunts tirés de la réalité apparaissent dans l’installation comme des ancrages vécu. Cailloux, coquilles d’escargots, fragments de briques, plumes d’oiseaux, mais aussi brosses à dents, planche de skate, raquette de badminton, sac à dos, cordes d’alpinismes, le plus souvent détournés avec humour, servent de contrepoint au ressenti de leur expérience. L’expression des souvenirs d’une émotion, que ce soit lors d’échange avec les habitants, des impressions visuelles comme le va-et-vient du regard qui passe des hauteurs montagneuses à la plaine du Rhône, l’observation des paysages, l’écoute des sons, la contemplation de la douceur du mouvement de l’eau, le passage soudain et bruyant d’un avion militaire, est ce qui distingue les deux artistes qui travaillent régulièrement ensemble depuis 2011.

L’œuvre est commune et l’installation se lit comme un tout, néanmoins les modalités apportées par chacun restent heureusement lisibles. L’importance donnée autant au processus de création qu’à la production des pièces préservent leur personnalité artistique. Pascale Favre nous invite à une lecture décalée de ce qu’elle a observé, dessins et maquettes se nourrissent de son imaginaire et d’une représentation littérale du réel, tandis que Thomas Schunke se joue du temps et de la réalité perçue avec des images filmées et des fragments d’objets en imposant son humour » (…)

– Extrait de l’article Déambulations valaisannes, de Nadia El Beblawi, Kunstbulletin 12/2015

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